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Raphaël Bourelly

Seeking Magazine: Racontes nous quelque chose sur ton intérêt pour la photo. Comment as-tu débuté?

Raphaël Bourelly: Ça en fait qu’un peu plus de deux ans que je me suis mis “sérieusement” à la photo c’est donc relativement récent. Avant ça, j’avais fais un peu de labo, mais vraiment de l’initiation, en amateur, et la prise de vue ne m’intéressait pas vraiment. C’était surtout la magie du labo qui me plaisait… Après j’ai un peu laissé tomber, à cause des études notamment. Puis quand j’ai repris, c’est très vite devenu quelque chose d’extrêmement important pour moi. C’est un moyen de création et de communication qui me plaît et me convient très bien, j’aime les libertés et les contraintes qui sont liées à ce médium.

Raphaël Bourelly

SM: Quand as-tu fais ce voyage en Mongolie ? Quels lieux as-tu visité?

RB: Je suis parti trois semaines à la fin août, et vu la taille du pays, on ne peut pas voir grand chose dans un délais aussi court. Et puis j’ai toujours préféré prendre mon temps en voyage. Je pense qu’il vaut mieux voir moins de choses mais en prenant le temps, plutôt que de faire la course aux sites touristiques…
J’y suis allé avec ma copine, Audrey. En arrivant, on a commencé par établir nos priorités car nous avions peu de temps, et nous sommes tout de suite tombés d’accord: le désert de Gobi !
Nous avons donc tout d’abord passé une petite semaine dans le Gobi. Puis, pour contraster un peu, nous voulions voir ce qui se rapprochait le plus de la montagne, sans pour autant prendre l’avion, et nous nous sommes rendu en bus à Tsetserleg, à l’ouest de la capitale. De là, nous avons fait un trajet de quatre jours à cheval, pour arriver à Hoh Nuur, un lac complètement perdu dans la montagne. Je crois que j’avais rarement ressenti une sensation comme celle-ci, l’impression d’être sur une autre planète… Peut-être aussi était-ce la douleur de mes fesses due aux heures passées à cheval, qui me faisait un peu délirer…
Ensuite, retour à Ulanbaatar, et trois jours plus tard nous étions dans l’avion pour Paris… Le moins qu’on puisse dire c’est que le temps est passé très très vite.

Raphaël Bourelly

SM: Que connaissais-tu de la Mongolie avant d’y aller?

RB: Pour dire vrai, pas grand chose, j’avais bien sûr quelques images de cartes postales en tête, et toutes les histoires de guerriers Mongols, mais pas beaucoup plus. C’est Audrey qui m’a embarqué dans cette aventure, même si il faut avouer que je n’ai pas été très difficile à convaincre!

Raphaël Bourelly

SM: Qu’est-ce qui t’as le plus marqué dans cette expérience?

RB: Bravo pour la question facile… Franchement, je ne sais pas vraiment quoi répondre, ça a réellement été un voyage très très riche.
Comme ça, je dirais bien sûr les paysages, et puis les gens. Je sais que je ne suis pas vraiment un portraitiste, mais ça ne m’empêche pas d’être très sensible au côté humain, et ça a été une très agréable surprise, ou plutôt, je ne savais pas trop à quoi m’attendre, mais je garde un très bon souvenir de ce peuple très hospitalier, humain, curieux, et pourtant discret.

Raphaël Bourelly

SM: Dis nous ce que tu voulais montrer ou raconter sur ce lieu?

RB: Là encore, ça n’est pas facile de répondre.
Je me suis très vite attaché aux paysages Mongols, parce qu’ils illustraient quelque chose que j’exploite énormément dans mes photos: le vide. Les steppes, il faut bien le dire, c’est surtout beaucoup de vide au premier abord, ça donne presque le vertige parfois, on perd tout de suite la notion d’échelle: des choses peuvent paraître très proches alors qu’en fait elles sont à plusieurs heures de marches, et inversement…

Raphaël Bourelly

SM: Que pourrais-tu dire du style de vie des Mongols ? As-tu rencontré différentes ethnies?

RB: J’ai vite appris qu’il y avait de multiples ethnies en Mongolie et que chacune avait ses coutumes propres, mais, comme je le disais, je n’ai pas vu assez de ce pays pour vraiment le voir, on note effectivement quelques différences en passant du Gobi aux montagnes, mais rien de vraiment “choquant”.
Après, c’est assez difficile de parler des Mongols, parce qu’il y a tout ce qui va avec l’image qu’on a déjà d’eux: la liberté, les grandes chevauchées, etc… Ce n’est pas que ça soit complètement faux, mais il ne faut pas non idéaliser, ils vivent dans un pays exploités, tiraillé entre la Russie et la Chine, et leur mode de vie est très dur, même si ils ne le montreront pas vraiment. Parce que si il y a bien une chose de sûre, c’est que le peuple mongol est très fier !
Je pense que pour se faire une meilleure idée de leur style de vie, il faudrait y passer une année, parce que le climat change énormément, et tant qu’on a pas connu le “Zuud”, le grand froid qui règne en hiver, on ne peut pas vraiment réaliser à quel point il et dur de vivre dans les steppes…

Raphaël Bourelly

SM: Savais-tu déjà ce que tu allais faire ou bien était-ce de l’improvisation?

RB: Ce premier voyage nous a vite permis de nous rendre compte de la difficulté que représentait le déplacement dans ce pays, notamment à cause de l’absence d’infrastructures, en fait, il n’y a tout simplement quasiment pas de route.
Au finla, ce que nous avions prévu n’a pas vraiment servi puisque nous avons tout de suite réaliser que le faire en trois semaines serait tout a fait impossible, et nous avons donc improvisé, et ça nous a plutôt réussi!

Raphaël Bourelly

SM: Quel était ton équipement photo, et pourquoi l’avoir choisi en particulier?

RB: Je n’ai pris que de l’argentique: mon Mamiya 7II avec son objectif 65 mm et mon FM2 avec son 35 mm, ce qui me semble un peu bête avec le recul parce que ces deux focales sont à peu près équivalentes. Mais en même temps, ces deux boîtiers et leurs optiques n’ont eux, pas grand chose à voir, et puis j’ai bien un 50 mm qui va avec le FM2 mais je ne l’utilise jamais alors…
Je n’ai pas pris de numérique pour trois raisons: premièrement, ça n’est pas évident de trouver du courant là-bas, et je ne voulais me retrouver au milieu du Gobi dans l’incapacité de pouvoir prendre des photos. Deuxièmement, ça fait maintenant déjà presque un an que je ne fais plus que de l’argentique pour mes photos personnelles. Et troisièmement, je trouvais intéressant le fait d’être limité en nombre de photo, puisque j’utilise principalement mon Mamiya qui prend de la 120, qu’on ne trouve pas là-bas. Du coup, je savais qu’un fois mon stock épuisé, je ne pouvais plus faire de photos, et ça, ça te pousse à chercher “la bonne photo”, et puis parfois à ne simplement pas prendre de photo, et je pense que c’est très important, parce qu’aujourd’hui, on voit de plus en plus de gens revenir avec je ne sais combien de gigas d’images. Généralement, sur une telle quantité d’images, peu sont vraiment intéressantes, ou représentatives d’un moment, et on se rend compte ensuite qu’on a passé une bonne partie de son voyage avec quelque chose entre son oeil et qu’on en oubli du coup de profiter du moment présent…

Raphaël Bourelly

SM: Des recommandations pour ceux qui voudraient s’embarquer dans un tel voyage?

RB: Le faire jeune, et avec des fesses solides ! Franchement, même en ayant 26 ans, je me suis senti limite à certains moments!
Sinon, comme pour tous les voyages, savoir rester à l’affût des opportunités, être ouvert.

Raphaël Bourelly

SM: Tu as déjà prévu quel serait ton prochain voyage?

RB: Je suis partagé, parce que ce voyage en Mongolie m’a vraiment donné envie de découvrir un peu plus l’Asie, donc il y a pas mal de pays qui m’attirent par là-bas…
En même temps, j’ai passé un an en Amérique Latine il y a de ça quelques années, et je t’avoue que j’ai bien envie de retourner dans ce coin, notamment en Amérique du Sud… Je voudrais revoir la Colombie, l’Equateur, découvrir la Bolivie, et puis, quand j’aurai un peu plus de temps, l’Argentine…
Et puis tout le reste aussi!

Raphaël Bourelly

Raphaël Bourelly

Raphaël Bourelly

Interview by Andrés Medina
For more information about Raphaël Bourelly take a look at raphaelbourelly.com and Flickr

Copyright © Raphaël Bourelly, All rights reserved. This photographs are not to be used as free stock.

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